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Interview de Sheliyah.

 

 

Tribal Emotion vous invite à découvrir une artiste talentueuse, Sheliyah, chanteuse-compositrice-multi-instrumentiste, aux influences jazz, blues, gospel, soul and nu-soul

Son myspace :  http://www.myspace.com/sheliyah
Photo de l'article : Sarah B.

TE : Ton enfance a-t-elle influencé ton goût pour la musique et le chant ?

Oui, énormément ; je chantais avant de marcher  ! J'avoue, j'ai marché très tard, à 22 mois…(rires) J'étais dans la chorale de mon école de musique dès 3 ans, ai appris le piano à 4 ans, le trombone à 8, la guitare à 13… Je suis donc tombée dedans toute petite ! Mes parents m'ont beaucoup fait écouter de musique dans mon enfance, qu'il s'agisse de chanson française (Barbara, Brel, Brassens, Michel Legrand), de musique orientale (Fairuz, Om Khalsoum…), de musique classique (Bach, Mozart, Beethoven…), de jazz (Ella Fitzgerald, Duke Ellington, Gershwin…) Mes deux parents sont mélomanes.

TE : Quels sont tes premiers pas, ta première scène dans la musique  ?

Ma toute première scène, c'était à 4 ans, le spectacle de mon école de musique... j'ai chanté, joué de la flûte à bec, du piano et du triangle... mais la première scène qui m'a laissé un souvenir impérissable, c'est celle que j'ai faite à 17 ans, j'étais alors guitariste-choriste d'un groupe de pop anglaise, et nous avons fait la première partie de Blur ! La rencontre avec ce groupe mythique et le fait de jouer devant 2000 personnes et de signer nos premiers autographes a été une expérience vraiment magique.

TE : Tu es multi-instrumentaliste… de quels instruments joues- tu ? Ton préféré ?

J'ai déjà à moitié répondu dans la première question, je joue de la guitare, du piano, de la flûte, du trombone et des percussions, mon instrument préféré est la voix (j'enseigne la technique vocale et considère la voix comme un instrument à part entière) mais la guitare est mon deuxième instrument préféré. J'aime composer «guitare-chant».

TE : La musique aujourd'hui pour toi c'est une passion ou un métier ?

Les deux… je fais tout pour qu'elle reste une passion malgré le fait que ce soit mon métier à plein temps. J'essaie de toujours réfléchir pour que les choix que je fais soient guidés par l'artistique, pas seulement par l'aspect financier.

TE : Quelles sont tes influences musicales ? Qu'est ce qui te touche plus dans ce style plutôt qu'un autre  ?

Mes influences musicales sont diverses... Mes goûts : le jazz, la soul, la pop, le rock, le reggae, la musique baroque, la musique orientale... j'ai des goûts éclectiques… la musique me touche quand elle est vraie et personnelle... je suis très réceptive aux émotions, transmises par la voix (c'est mon premier instrument !) mais aussi par d'autres instruments... la voix d'Ella, un solo de trompette ou trois notes de piano peuvent me toucher profondément et me faire monter des larmes... parfois aussi certains sons plus électroniques... j'aime Morcheeba, Massive Attack... Camille aussi pour la chanson française. Pour résumer je ne peux pas dire que j'aime un style de musique plutôt qu'un autre. J'aime tous les styles dès lors qu'il y a une recherche de sons, une voix ou un instrument qui m'émeut... Chaque moment de ma vie et de mes journées, chacun de mes changements d'humeur correspondra à une atmosphère musicale qui lui est propre... sans barrières de styles. Mon idéal artistique, c'est Sting. Impossible de lui coller une étiquette, il se renouvelle en permanence, c'est un musicien et un compositeur de génie, un chanteur hors pair et hors catégorie... S'il y a un artiste vivant avec qui je rêverais de collaborer, c'est bien lui !

TE : 3 mots qui te définissent  ?

Passion. Partage. Pugnacité... les 3 P (rires)!

 

TE : 3 mots qui définissent ta musique  ?

Inclassable. Atmosphérique. Sincère.

 

TE : Avec quels artistes as tu collaborés, que ce soit pour leurs projets ou les tiens? comment vos rencontres se sont faites?

J'ai beaucoup collaboré aux projets d'autres artistes en tant que choriste à mes débuts, maintenant plus en tant qu'auteur ou compositeur, mais j'adore ça, le partage et les échanges musicaux.
En tant que choriste, j'ai pu collaborer avec Cunnie Williams, Diam's, Saya, Anthony Kavanagh, Jimi Sissoko, Autant en emporte le vent, Les Demoiselles de Rochefort (la rencontre avec Michel Legrand restera gravée dans ma mémoire) ; en tant que chef de choeur j'ai dirigé 13 choristes derrière Singuila à Bercy, pour Génération Rap RNB, puis en tant que chanteuse pour mon projet personnel j'ai composé et chanté les refrains d'un titre avec Les Lords of the Underground, pionniers du hip hop US.
L'été dernier j'ai eu la chance de faire une master-class de jazz en Lettonie et de chanter sur la grosse scène du festival avec des musiciens incroyables.
J'ai aussi pas mal collaboré avec Béatrice Ardisson puisque je suis sur 3 compilations qu'elle a produites (La musique de Paris Dernière, Compilation Fouquet's, Compilation Take me for a ride - Audi TT). Je suis également sur la compilation RNB Soul Autoprod de la FNAC et en téléchargement légal pour un titre en collaboration avec un rappeur, 6clone, sur Virgin Mega.
Plus récemment, j'ai collaboré avec Abigael à l'adaptation et à l'écriture de textes en français et en anglais pour Edu del Prado, le coach vocal / chanteur / danseur / comédien qu'on a pu voir dans la Star Ac' et dans la série Un Dos Tres et qui va bientôt sortir (mai 2008) son album chez Warner.
Le mois dernier (Février 2008), j'ai aussi réuni une dizaine de choristes pour faire les choeurs du rappeur Nessbeal (acolyte de Booba dans Lunatic) dans son dernier clip.

 

TE : tu as le projet d'un album en français et un album en anglais…Pourquoi ce choix ?
Le marché du disque est en pleine transformation, de nombreuses maisons de disque licencient, n'ont plus de budget pour des artistes émergents, et même pour des artistes reconnus, comment vas tu aborder la promo et la distribution de tes albums?

J'ai un peu changé d'avis, cette info date un peu, en fait je vais mélanger anglais et français dans un seul album. Je voulais au départ faire deux albums car les morceaux en anglais et en français me paraissent assez différents... mais en même temps, cet éclectisme fait partie de ma personnalité et je l'assume davantage aujourd'hui... Donc un seul album anglais-français !
Pour mon premier album qui sera autoproduit, je vais aborder ma promo comme je l'ai toujours faite : une grosse base e-mail, un forfait téléphonique avec sms illimités (rires), puis j'enverrai mon dossier de presse, et ramènerai du monde à mes concerts grâce à quelques articles, ou encore grâce à des fans bloggueurs qui feront parler de moi, web-radios et radios, web-TV et TV qui me soutiennent et j'espère encore beaucoup de nouveaux médias qui me découvriront... J'ai une équipe et des fans qui m'aident et me soutiennent. Je ne vise pas la célébrité, je ne fais pas ce métier pour l'argent et la gloire... Je veux juste continuer à faire ce que j'aime et jouer le plus souvent possible pour un public qui m'écoute, et que je souhaite quand même évidemment de plus en plus nombreux !  Il y a plein de carrières musicales que j'admire, prenez par exemple Dianne Reeves ou Cassandra Wilson... d'incroyables musiciennes et chanteuses de jazz : elles tournent partout dans le monde et n'auront pourtant jamais un paparazzi au derrière (rires)... Venant du jazz, j'ai toujours eu cette vision un peu underground de la musique... le jazz ne représente que 4% des ventes de disques dans tous les cas... Quand on voit que c'est Norah Jones qui représente à elle seule près de 40% des ventes de jazz et que le reste c'est quasi-essentiellement des rééditions... ça laisse rêveur... rires...

Quant à la distribution : mon album sera en écoute sur myspace, et sur les plates-formes de téléchargement payant, il sera également vendu à la fin de mes concerts, je suis également soutenue par la FNAC et les magasins CULTURA où je pourrai mettre mes disques en rayon.

TE : cela fait 10 ans que tu tournes, est-il de nos jours plus difficile de vivre de sa musique et de se faire signer par un label?
Penses tu qu'Internet ait véritablement tué le marché du disque avec le système du téléchargement?

Le marché a changé, c'est certain, aujourd'hui il faut être un artiste complet si on veut bien gagner sa vie, faire beaucoup de lives, « mouiller le maillot » comme on dit du côté de chez moi...(rires) J'ai plus de 1500 lives à mon actif je crois.. j'ai arrêté de compter à 1000, c'était vers la fin des années 90... (rires)
Mais Internet n'a pas tué le marché du disque, le marché du disque est certes mal en point mais le téléchargement est loin d'être la seule cause. Les analystes sont formels, seulement entre 30 et 40% de la chute des ventes semble lié au téléchargement. Alors arrêtons de crier au vol sur les petits consommateurs dont le pouvoir d'achat baisse quand le prix du disque ne cesse d'augmenter... dans cette industrie où les artistes touchent de moins en moins d'argent, et où Pascal Nègre dit le sourire en coin qu'il ne signerait pas à l'heure actuelle ni Brel ni les Doors parce que pas assez vendeurs...  Je me contenterai de citer cet article d'un bloggueur et la mine de commentaires qui l'accompagne : http://www.404brain.net/index.php/weblog/comments/1872/

TE : As-tu réalisé tous tes rêves  ?

J'en ai réalisé certains : chanter avec un big band, jouer avec des musiciens, des chanteurs et chanteuses que j'adore et que je respecte, mais heureusement il me reste encore quelques rêves à réaliser (chanter avec Sting par exemple… rires), et j'en ai des nouveaux en permanence  ! J'ai toutefois la sensation de vivre mon rêve au quotidien, et de profiter à fond de cette chance !

Interview réalisé en avril 2008…

 

 

 
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