Parmi les consécrations de Woodstock, nous ne pouvons oublier Carlos Santana. Cet artiste d’origine Mexicaine a baigné dans la musique puisque son père était musicien dans un groupe de mariachi.
Très jeune, le petit Carlos fait du violon mais c’est à l’âge de 8 ans qu’il craque pour la guitare. Heureusement pour la musique car Santana va révolutionner l’approche sonore de cet instrument. A l’époque, il vit à Tijuana et c’est vers 17 ans qu’il part rejoindre ses parents à San Francisco. Là- bas, il apprend le blues et... l’anglais of course.
Carlos crée un groupe de blues du nom de Santana Blues Band et se fait connaître en jouant dans la rue. Nous sommes en 1966 et San Francisco est la ville de tous les possibles. Les Beatniks sous l’influence des écrits de Jack Kerouac ont carrément pris la ville et toutes les révolutions naissent là-bas. Pour l’instant, Santana joue mais aucun enregistrement sur vinyle ne permet de l’écouter ailleurs qu’en live. Il va se passer 4 ans avant le premier disque.
1969, Carlos Santana sort enfin son premier album. Cette année-là, il est invité sur la scène de Woodstock. Lui qui se produit depuis des années devant un public de rue ne peut pas manquer une telle prestation. Il en prend conscience immédiatement. Sa performance va être à la hauteur des années de travail et de sacrifice consacré par Carlos à la musique. Il va être bon et même très bon. Il va entre autres, interpréter un morceau mythique « Soul Sacrifice » et du coup entrer dans la légende.
Son premier album appelé tout simplement Santana vient de sortir et son passage à Woodstock lui assure un énorme succès. Lors de ce festival vitrine, le public découvre sa musique, un mélange de Salsa et de Rock. La foule en redemande et surtout craque littéralement sur le son de la guitare de Santana. En effet, il a un son bien particulier, une sorte de sustain permanent qui va être sa signature tout au long de sa carrière.
Un an après Woodstock, Santana évolue très psychédélique jazzy mais garde son style latino. C’est sa marque de fabrique. Il sort son deuxième album « Abraxas » et c’est la totale consécration. Le monde entier danse sur sa musique et Monsieur Miles Davis en personne, déclare considérer que l’album de Santana est d’une importance équivalente pour la musique Afro-américaine que son propre album Kind of blue sorti 10 ans plus tôt et reconnu par tout les musiciens comme un joyau.
De 1970 à 1975, Carlos est une vraie star. Il joue avec les plus grand et notamment John Maclaughin. Puis il commence à s’éloigner du psychédélique vers une musique plus mélodique, je dirai plus accessible. C’est dans ce contexte qu’il sort fin 75 l’album «Amigos». Dans cet album il y a une chanson qui va exploser les compteurs: Europa. Ce sera certainement son plus grand succès.
Europa de Carlos Santana, ici en live
Il connaît ensuite une période difficile avec une baisse de créativité certaine. Cela va durer de 1980 à 1990. Mais Carlos, comme tout les « Grands » va surprendre de nouveau. Alors que le public l’a oublié tout en le gardant comme une sorte d’icône des années 70, Santana sort un album « Supernatural » qui va mettre tout le monde d’accord. Il démontre tout son talent, sa modernité et décroche 9 grammy awards.
Lui, le copain de Stanley Clarke et d’Eric Clapton, vient de prouver qu’il a su faire évoluer sa musique et que chacune de ses influences et expériences le rend plus fort.
Carlos Santana a inventé un jeu de guitare qu’on reconnaît instantanément. C’est la griffe des plus grands. Avec plus de 40 ans de carrière, il est l’un des dinosaures de la pop du XX ème siècle. Il s’est promené musicalement à travers la salsa, le rock, le blues, le R&B et même le rap avec le titre Maria Maria.
Le tube Maria Maria
A noter également qu’il y a un petite dizaine de guitares mythiques signées Santana dont celle qu’il utilise quasiment toujours personnellement… La PRS Santana.
Santana aura tout connu, la rue et les récompenses, les petits jobs et la fortune. Aujourd’hui, on peut encore avoir le privilège de le voir lors de certains festivals ou il accepte de venir. C’est un homme très facile à approcher et très simple dans son attitude. Il est certain que Carlos doit souvent repenser à la scène de Woodstock qui a quand-même fait de lui un modèle pour plusieurs générations de guitaristes.