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IL Y A 40 ANS... |
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Il y a 40 ans, Neil Armstrong qui participe à la mission spatiale Apollo11 sort du module lunaire "Eagle" et pose pour la première fois le pied sur la lune. Il prononce alors une phrase qui restera gravée dans l'histoire: "Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité".

Le 16 juillet, la fusée Saturn V transportant le module lunaire et son équipage a été lancé de la base Cap Kennedy, aujourd'hui nommée Cap Canaveral, en Floride.

Après sa mise en orbite terrestre à 190 km de la Terre, le module lunaire se dirige vers la Lune à la vitesse de 39.030 km/h. Il se pose en douceur quatre jours plus tard sur la «mer de la Tranquillité».
À 3h56, dans la nuit du 20 au 21 juillet, Neil Armstrong met le pied gauche sur la Lune. Un milliard d'êtres humains suivent l'exploit en temps réel ou presque sur leurs écrans de télévision. À leur attention, Neil Armstrong lâche LA phrase vouée à l'Histoire. Précisons qu'il avait préparé cette phrase avant son départ et quelle avait été validée par la NASA.
L'astronaute est rejoint un quart d'heure plus tard par Edwin «Buzz» Aldrin avec qui il plante la bannière étoilée sur le sol lunaire. Dans le ciel, la capsule Apollo poursuit le tour de la Lune avec à son bord le troisième homme de l'équipage, Michael Collins.

Neil Armstrong avait été désigné pour être le premier à marcher sur la Lune car il était un civil et non un militaire comme ses deux compagnons.
De retour sur la Terre après un peu plus de 8 jours d'absence, les astronautes ramènent plus de 20 kg d'échantillons de minéraux lunaires.

Mais comment tout cela a démarré ?
Ce programme a été lancé par John F. Kennedy le 25 mai 1961, en réponse aux succès remportés par l'aérospatiale russe.
Nous sommes alors en pleine guerre froide et l’Union Soviétique vient de réussir un exploit. A 27 ans, le cosmonaute soviétique Youri Gagarine est le premier homme à effectuer un vol dans l'espace. Il s'envole de Tyura-Tam à 9h07 à bord de la fusée Vostok 1. Cent huit minutes plus tard, il a accompli une révolution complète autour de la Terre et atterrit en Sibérie. Les Russes prennent alors une avance décisive dans la course à l'espace qui les oppose aux américains.
Tout ça est insupportable pour John F. Kennedy qui décide de lancer un programme comme nul autre pour que les américains soient les premiers à conquerir la lune.
Ce programme a pour objectif de poser un homme sur la Lune avant la fin de la décennie. Nous sommes en 1961 et l’objectif est vraiment loin d’être gagné.
De 1963 à 1966 est développé le programme Gemini. Ce programme consiste à parfaire les techniques utilisées par les vols spatiaux, notamment afin de préparer les vols habités du programme Apollo. Les missions Gemini furent pour la NASA l'occasion de réaliser ses premières sorties dans l'espace et des amarrages entre les capsules et des fusées Agena. C'est aussi dans le cadre de ce programme que fut utilisé pour la première fois dans l'espace un ordinateur embarqué. Et oui, à l’époque l’informatique est bien loin de ce que l’on utilise aujourd’hui.

Pour atteindre la Lune, la Nasa a développé la fusée géante Saturn 5, le module Apollo et un module lunaire chargé de transporter les hommes sur la Lune depuis l'orbite lunaire.
L'ensemble du projet a bénéficié d'un budget considérable 135 milliards de $ et mobilisé jusqu'à 400 000 personnes.
Entre 1961 et 1965 les américains prirent le problème posé par Kennedy à bras le corps et envoyèrent 9 sondes Ranger vers la Lune mais 3 seulement réussirent à transmettre des images. Ils eurent plus tard plus de succès avec les missions Surveyor et Lunar Orbiter qui se posèrent sur la Lune afin de préparer les futurs alunissages des vols habités.
Il faut comprendre qu’à la NASA en 1961, les ingénieurs les plus chanceux, ceux d'origine militaire, ont travaillé sur l'ordinateur UNIVAC inventé en 1951 par John P. Eckert et Douglas Engelbart, l'inventeur de la souris, et viennent à peine de découvrir le nouvel ordinateur transistorisé IBM 1401 commercialisé en 1959 ainsi que le tout nouveau Mini PDP-1 dédié aux travaux scientifiques et d'ingénierie.
Beaucoup d'ingénieurs travaillent encore avec des règles à calculer et des calculateurs à lampe à peine capables de réaliser 9 000 opérations par seconde et qui surchauffent rapidement, affichant des résultats inattendus.
Ils ne savent même pas lancer des fusées et encore moins les satelliser !
Quand ils regardent la Lune à l'oeil nu et qu'ils se rendent compte à quelle distance elle se trouve, l'annonce présidentielle leur fait l'effet d'un pari chimérique. Non seulement il leur faut envoyer des hommes dans la Lune mais il faut encore les faire revenir sans se crasher... Tel était le défi annoncé à nos jeunes ingénieurs sans expérience. Mais bon, il fallait s'y mettre, et tous ensemble.

Aujourd'hui, il serait impossible de coordonner un tel projet dans les mêmes conditions. Imaginez un consortium gérant de 400 000 chercheurs ... Seule l'étude du génome humain (HUGO) peut-être comparée à ce projet. Tout est compartimenté, les scientifiques travaillent par groupes de recherches, par école, par pays et sont assez isolés les uns des autres malgré les meetings et autres congrès. Il est très difficile de dire d'un jour à l'autre à plusieurs centaines de milliers de personnes "on commence tout de suite avec les moyens du bord", ce serait l'échec assuré.
Apollo 11 fut suivie par 6 autres missions qui déposèrent des instruments scientifiques sur la Lune (sismographes, réflecteur laser, gnomon, etc) y compris une rover d'exploration (jeep) fabriquée par Boeing.
Pour toutes ces raisons, ne vous laissez pas manipuler par quelques imbéciles qui depuis plusieurs années lancent des rumeurs de trucages et osent abimer une si belle réalisation humaine.

J’espère que ce mois de juillet sera beau et étoilé de façon à regarder souvent la lune et à avoir une pensée pour ces hommes qui nous ont donné du rêve et l’espoir qu’un jour nous puissions comprendre d’où nous venons.

Jocelyn Garabédian,
Le 29 juin 2009.
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